Des animaux de bonne compagnie

Les animaux de compagnie sont présents dans de nombreux foyers français. D’après la dernière enquête FACCO/TNS SOFRES de 2016, près d’un foyer sur deux a au moins un animal de compagnie. Ce phénomène dépasse les classes sociales et les âges, du Président de la République au sans-abri au coin de la rue. Ces animaux ont ainsi acquis au fil du temps une place privilégiée au sein des familles.

Cette pratique, qui ne date pas d’hier, a évolué depuis plusieurs années pour intégrer des espèces plus atypiques et exotiques, qui jusque-là ne rentraient pas dans la liste des compagnons domestiqués. Les animaux à poils côtoient désormais ceux à plumes, à écailles ou à cuticules. Les vétérinaires rencontrent ainsi de plus en plus de Nouveaux Animaux de Compagnie (NAC) lors de leurs consultations (rats, hamsters, serpents, geckos, perruches, tortues, chinchillas, etc.).

Aujourd’hui, une multitude de professionnels et d’amateurs éclairés élèvent, sélectionnent, reproduisent et vendent des animaux de compagnie, dans le cadre d’une réglementation en constante évolution. Certaines races et espèces, particulièrement cotées, ont leurs groupes de passionnés exigeant des éleveurs qu’ils garantissent l’origine, la généalogie et la pureté des animaux.

Face à ces évolutions, le marché des animaux de compagnie s’est étendu et diversifié. Sont ainsi apparues ces dernières années de nouvelles offres : toilettage, service de garde, nourriture bio, assurances, pompes funèbres, aides psychologiques et comportementales, prestations photographiques, etc.

Cette série propose de dresser un inventaire photographique des animaux de compagnie en France à travers la réalisation d’un portrait de l’animal et de son maître. L’idée est ainsi de montrer la relation entre les maîtres et leur animal de compagnie et de documenter la place qu’occupent ces derniers dans notre société. L’objectif est aussi de donner à voir la grande variété des espèces présentes dans les foyers français (chiens, chats, lapins, furets, poissons d’ornement, oiseaux, serpents, phasmes, cochons, tortues, lézards, etc.) et de souligner l’évolution de cette pratique.

Cette série est en cours de réalisation.

Cloé est étudiante en école vétérinaire. Elle habite dans une chambre d’étudiante de dix-huit mètres carrés environ et voulait un animal qu’elle puisse accueillir dans de bonnes conditions. « Le gecko léopard est une espèce idéale pour les étudiants : ça ne prend pas trop de place, ça ne demande pas trop de soins et la présence olfactive reste modérée en comparaison d’autres espèces ». Elle a découvert ce reptile et a appris les bases de l’entretien de cette espèce au club d’aquariophilie et de terrariophilie de son école. Elle a donc investi 250 euros dans l’achat d’un terrarium. Elle a aménagé un point froid (autour de 26°c) et un point chaud (autour de 32°c) à l’aide d’un tapis chauffant. Elle a aussi installé un bac à mu. C’est un espace avec un taux d’hydrométrie plus élevé. Elle a découpé une boite de glace et met dedans du sopalin qu’elle humidifie et change régulièrement. Elle aime l’observer. Loki est très social et curieux. Afin de le nourrir, elle s’est aussi lancé dans l’élevage de grillons et s’est pris d’affection dans l’observation de ces insectes.

 

Le gecko léopard est un animal nocturne et grégaire, autrement dit vivant en colonie à l’état sauvage. C’est le plus populaire des geckos adopté en tant qu’animal de compagnie. Tout comme les lézards, ils peuvent abandonner leur queue (c’est ce qu’on appelle l’autotomie). L’objectif de cette opération est de détourner l’attention du prédateur ou de se libérer de son emprise. C’est dans la queue que ces geckos font leur réserve de graisse. En captivité, l’obésité est un problème fréquent chez cette espèce.

 

Mélanie, est passionnée de culture nipponne et a, assez logiquement, adopté Kuma, un akita dont la race est d’origine japonaise. Elle tient cependant à préciser que c’est un chien indépendant, à fort caractère, dominant avec ses congénères et dont l’éducation peut-être délicate. Il ne conviendra donc pas à tout le monde.

L'akita est une race de chien originaire du Japon. Le plus connu d’entre eux, Hachikō, a une statue érigée à la gare de Shibuya à Tōkyo. Il avait pris l’habitude de retrouver son maître Ueno Hidesaburō tous les soirs à la gare, à son retour du bureau. En 1925, son maître meurt au travail. Mais pendant près de dix ans, jusqu’à son décès, Hachikō continue de se rendre tous les jours à la gare de Shibuya pour attendre le retour de son maître. Surnommé Chūken (chien fidèle) cette histoire, retranscrite par deux fois au cinéma, a contribué au regain d’intérêt pour cette race.

Julien, alias Jys, pose dans son salon de tatouage à Nantes avec son serpent des Blés, Midas. C’est un passionné d’animaux. Nous avons dû reporter la séance photo car le serpent muait. Ils sont très sensibles pendant cette période et il faut éviter de les manipuler. Posséder un animal de compagnie contribue ainsi à une meilleure connaissance de la nature et du monde animal.

 

 

Le serpent des blés (Pantherophis guttatus) est une espèce endémique des États-Unis, c’est-à-dire principalement présent dans cette aire géographique. Sa docilité, sa faible agressivité, ses couleurs, son élevage relativement aisé a contribué à populariser sa captivité. Son alimentation, composée de rongeurs, pourra cependant en rebuter. Les propriétaires de serpents nourrissent leurs animaux avec des souris congelées que l’on trouve dans le commerce.

 

Marguerite est une tortue semi-aquatique surprenante. Elle semble reconnaître ses maîtres et se laisse facilement manipuler. Leïa et sa maman suivent les recommandations du vétérinaire et la nettoie régulièrement avec une brosse à dent, pour éviter l’accumulation de vases sur sa carapace et le développement de bactéries. Elle sort ainsi d’une séance de nettoyage.

Les tortues (testudines) encore dénommées chéloniens ont une morphologie surprenante avec leur carapace recouverte d’écailles, leur permettant de se protéger des prédateurs et de maintenir partiellement leur chaleur corporelle. Leurs pattes sont puissantes avec de bonnes griffes. La plus célèbre des tortues en France est celle de la fable de La Fontaine incarnant à la fois la lenteur et la persévérance. Chaque espèce a des besoins spécifiques. Marguerite est une semi-aquatique vivant par 26°c. Un chauffage a donc été installé dans son aquarium pour éviter qu’elle ne meure de froid, sa température variant en fonction de son environnement (animal ectotherme).

Adélaïde adore les reptiles. L’adoption d’un pogona comme animal de compagnie s’est popularisé depuis une dizaine d’année. Sa curiosité, son mode de vie diurne, son entretien relativement aisé et sa morphologie esthétique, ont amplement favorisé sa popularité. Adélaïde a découvert les pogonas avec un ami qui en possédait et a acquis cette fratrie il y a deux ans. Elle prend régulièrement Balou sur son épaule et se promène avec lui dans l’appartement. Elle leur a aménagé un terrarium avec un point chaud et un point froid et des lampes à UV, pour la vitamine D. Une de leur sœur, qu’elle avait adopté, a du être donnée, car la cohabitation était conflictuelle.

Les pogonas sont reconnaissables à leur collier de barbe d’écailles qui entoure leur tête. C’est pourquoi il est aussi appelé agame ou dragon barbu. Ces deux squamates sont issus de la même portée et âgés d’environ deux ans. Le petit a une anomalie génétique, c’est pourquoi il est dépourvu d’écailles. Il est particulièrement fragile. Il a perdu quelques bouts de doigts ayant gangréné pendant les périodes de mue. Pour l’aider à se défaire de son ancienne peau, Adélaïde lui fait prendre des bains d’eau tiède, mais cela reste une opération délicate.

Anaëlle voulait un animal aux poils soyeux et ayant une espérance de vie supérieure à trois ans. C’est en se basant sur ces critères qu’elle a adopté son premier chinchilla en 2009. Miel Pops est son troisième chinchilla. C’est très probablement le dernier qu’elle aura car, bien qu’adorant ces petits rongeurs, leur fragilité vis-à-vis des températures élevées la stresse et la contraigne trop. Cette espèce craint en effet la chaleur au-delà de 26°c. Bien qu’ayant installé une station météo lui permettant de suivre à distance, sur son téléphone, la température de la pièce de vie de son protégé et bien qu’ayant investi dans un climatiseur, lequel a augmenté sa facture d’électricité durant l’été de trente euros par mois en moyenne, elle s’inquiète dès que la belle saison arrive et évite de s’absenter plus de vingt-quatre heures.

Les chinchillas ont une fourrure particulièrement dense et soyeuse. Chaque follicule se compose d’un poil de garde, plus long et jouant un rôle de maintien, entouré d’une soixantaine de poils de bourre, plus fins, assurant une isolation thermique. Le chinchilla possède ainsi le poil le plus dense des espèces terrestres: 20 000 poils par cm². Cette caractéristique a suscité sa convoitise et a contribué à sa mise en péril à l’état sauvage. Il est aujourd’hui inscrit sur la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) en tant qu’espèce en danger. Afin de faciliter la production et la vente de fourrure, il est domestiqué depuis 1923 et est depuis plusieurs années vendu en tant que Nouvel Animal de Compagnie (NAC).

Les phasmes, sont des animaux emblématiques du mimétisme. Inoffensifs et prenant peu de place, ils ont du succès en milieu scolaire où ils sont élevés afin de faire découvrir aux enfants la notion d’évolution des espèces ou encore le cycle de vie de l’insecte. Orson et Adèle ont récupéré des phasmes bâton à l’école et en élèvent depuis à la maison. Ils les nourrissent principalement avec du lierre, même si ces phasmes bâton peuvent potentiellement manger d’autres végétaux comme des ronces.

Dans le monde, près de 3000 espèces de phasmes ont été répertoriées à ce jour. La majorité se situe dans la ceinture tropicale et équatorienne Ils sont également présents, mais en moindre nombre, dans des régions plus sèches et froides comme en métropole, où on recense trois espèces à l’état sauvage : Bacillus rossius, Clonopsis gallica et Pijnackeria masettii anciennement Pijnackeria hispanica.